( 1 ). Let's have a break !

"L'image avait gardé l'intensité des couleurs d'alors, du rouge de la nappe qui reposait sur un tapis d'herbe et de marguerites, aux fleurs jaunes qui parsemaient ma robe, sans oublier le bleu de sa chemise."

The-wasp : "J'aime toujours autant ton écriture =D. J'ai passé un bon moment de lecture."
Melinda-ghost-whisperer : "J'aime beaucoup ta façon d'écrire et j'attends impatiemment la suite. ^^"


( 2 ). Sweet Home...

"C'est ainsi que commence mon histoire, un après midi ensoleillé d'août, abandonnée à mon triste sort avec mes meubles et mes affaires empaquetés à la va-vite au troisième étage d'un petit immeuble d'une ville l'étant tout autant."

ilove-jenniferlovehewitt : "SUPER ! j'adooore !!!"
xTender-Heart :"j'aime beaucoup la suite :) vivement que tu postes le prochain chapitre ^^"


( 3 ). Rescue

"Je criais à travers mon tee-shirt plaqué sur la bouche, des instructions pour les quelques rescapés qui me suivaient mais ma voix s'éteignait dans l'épaisseur de la fumée et le chaos de la cohue."

vodka0408 : "j'aime beaucoup tes descriptions !"
Milo-o-Chad : "j'adore la song qui accompagne."



( 4 ). New horizons - New ! >>> Objectif 100 commentaires

"Attendait-il une réponse à une question que je n'avais pas entendue, ou était-il resté silencieux tout ce temps ? Et s'il s'était bel et bien contenté du silence, pourquoi ne pas avoir tenté de meubler ? Un blanc aussi long était-il seulement envisageable !"

# Posté le samedi 23 mai 2009 04:58

Modifié le lundi 01 juin 2009 01:58

How to start ?

How to start ?
Nouvelle version requiert une introduction... Nouvelle newsletter....
Inscription : 2 commentaires...


. SplendidxEllen . ilove-jenniferlovehewitt . Melinda-ghost-whisperer . Stea-my .
UN GRAND MERCI A TOUS MES FIDELES LECTEURS ET LECTRICES, SANS QUI CE BLOG N'EXISTERAIT PAS... MERCI !

# Posté le lundi 13 avril 2009 02:37

Modifié le lundi 27 juillet 2009 09:53

Tea time

 Tea time
Editorial... de nouvelle version...


Oubliés les petits articles "minutes de vie" ? Non, pas du tout, juste une envie de changement... C'est pourquoi, loin de renier l'ancienne version, je vais juste orienter mes textes sur une autre voie et, tenter de faire aller mes articles dans un même sens, ou dit plus simplement, de faire une histoire, qui se suivrait, en plusieurs épisodes...

Autre petite nouveauté, l'ajout d'une "Playlist associée" à la fin de mes articles... Chansons qui m'ont accompagnée dans la rédaction ou qui se prêtent juste à l'atmosphère que j'ai voulu rendre... de quoi accompagner votre lecture !
En attente de nouvelles idées, Bonne Visite sur Piece-Of-Grey !



[Célie]

# Posté le jeudi 16 avril 2009 10:56

Modifié le vendredi 08 mai 2009 06:43

( 1 ). Let's have a break !

Avant propos...

Aucun de mes textes (passés ou à venir) n'est Autobiographique, même lorsque j'utilise le "je"... (je promets cependant d'ajouter une mention spéciale si jamais c'était le cas...). Dans ce cadre, tout est oeuvre de fiction, même si je m'inspire parfois d'évènements qui me sont plus ou moins proches pour écrire (film, livre, poème, accident, article de journal...). Les personnages qui interviennent dans mes chroniques ne sont pas réels, ni inspirés de la réalité, mais peuvent nous ressembler à tous de manière voulue, ou fortuite... Bonne Lecture !


[...]


[De nos jours...]

Je gardais les yeux ouverts et pourtant je ne distinguais pas la pièce qui m'entourait. Sous mes yeux défilait une longue pellicule de souvenirs aux couleurs vives et aux sourires radieux, de brefs instants que je revivais en cascade. Un cadre photo était posé sur mes genoux. Depuis quatre heures que j'occupais le même siège en plastique bleu, dans cette pièce blafarde éclairée d'une lumière artificielle qui pleuvait d'un plafond terne, il ne m'avait pas quitté, ma main gauche cachant pourtant résolument le cliché. Je n'avais pas besoin de le regarder pour le voir. En fermant les yeux, je revivais cette belle journée d'été, un pique-nique le jour de la fête nationale dans le parc de la ville. L'image avait gardé l'intensité des couleurs d'alors, du rouge de la nappe qui reposait sur un tapis d'herbe et de marguerites, aux fleurs jaunes qui parsemaient ma robe, sans oublier le bleu de sa chemise. Un moment immortalisé par ma meilleure amie qui était à mes côtés et tenait ma main droite dans la sienne. Elle gardait le silence, mais, me signifiait sa présence compatissante par de petites pressions sur mes doigts, à intervalles plus ou moins réguliers. De cette façon, elle interrompait mon rêve éveillé quelques secondes, juste de quoi laisser le temps à quelques larmes de se libérer du filet de mes cils, pour que je replonge dans un bain de souvenirs aussi douloureux qu'ils n'avaient été précieux. Comment le tolérer, comment y survivre ? Une vague de désespoir m'ensevelit, un trou béant déchirant ma poitrine, ma respiration se bloquant un instant, me laissant entrevoir le tunnel qui se profilait à l'horizon.
En l'espace de quelques secondes à peine, la bande s'interrompit brusquement, mon regard se posa sur l'horloge mais la trotteuse continuait son parcours sans tenir compte des instants qu'elle nous volait. Chacune de mes pensées se reporta sur celui qui était sur la table d'opération. Déjà quarante minutes de retard, combien de temps le supplice de l'attente durerait-il encore ? D'un geste instinctif, je sortis un mouchoir et trouvais le courage d'essuyer mes joues, balayant dans le même geste, toutes les questions qui se baladaient dans mon esprit.
Le débit ne cessait d'augmenter, les allées et venues du personnel, des patients, des visiteurs, je perdais pied. Soudain, sa main rassurante quitta la mienne et se posa doucement sur ma joue. Je compris ce signe qui n'avait aucune signification et me levai, me dirigeant vers l'homme qui approchait... le chirurgien.


[Célie]



( 1 ). Let's have a break !

# Posté le lundi 13 avril 2009 03:23

Modifié le samedi 23 mai 2009 04:37

( 2 ). Sweet HomePlaylist associée >>> 22 _ Lily Allen

( 2 ). Sweet HomePlaylist associée >>> 22 _ Lily Allen

[Quatre ans auparavant...]

Tous mes cartons vides et pliés tombèrent en une cascade désordonnée sur le bitume sans crier gare, me laissant désemparée sur le trottoir, les passants me jetant des regards intrigués ou assassins. C'est ainsi que commence mon histoire, un après midi ensoleillé d'août, abandonnée à mon triste sort avec mes meubles et mes affaires empaquetés à la va-vite au troisième étage d'un petit immeuble d'une ville l'étant tout autant. Accroupie, tentant de rassembler les carcasses déchiquetées par les coups de cutter, je songeais avec nostalgie à l'entrain qui avait précédé et accompagné les préparatifs. Hâte de renouveau, changement de décor, les bons côtés d'une installation sauvage m'étaient apparus tellement évidents qu'ils avaient laissé dans l'ombre les mauvais, comme le fait de se retrouver dans une nouvelle ville. Ma voiture garée dans l'allée semblait m'inviter à prendre le volant et à m'enfuir loin de la pagaille que j'avais moi-même semée, mais, je n'avais pas vraiment d'autres choix que de subir avec le sourire les difficultés des premiers temps. Je traversai la rue sur cette note résolue, agençant ma cadence dans la même optique, mes pas déterminés me menant tout droit à la magnifique poubelle grise qui accueillait d'habitude les déchets ménagers. Je soulevai le couvercle poisseux et dis adieux aux dernières victimes du déménagement, avant de reprendre le chemin de mon appartement. Ma halte ne fut pas longue, car, si j'avais réussi à donner un semblant d'ordre et de propreté au chantier que j'avais découvert en arrivant plus tôt le matin même, ma boutique qui devait ouvrir ses portes dans une semaine était, elle, loin d'être prête. Résignée, je passai sous la douche, serrant les dents sous l'eau froide, puis, attachai mes cheveux rapidement, un bermuda et un débardeur propre sur moi, avant de descendre et de me faufiler derrière le volant, de la lessive pour les murs accompagnée de seaux, de pinceaux, d'éponges et de deux bidons de peinture blanche trônant fièrement dans mon coffre.
Encore une fois je ne fus pas déçue. Après avoir déposé tout mon matériel « spécial travaux » dans la réserve, je m'attaquai à ma lourde tâche, nettoyer les murs pour pouvoir les repeindre. Porte d'entrée close, je m'affairai ainsi, toute l'après midi durant, inondant les parois d'eau savonneuse, frottant les taches, rafraîchissant la couleur douteuse à la base des cloisons, pour m'effondrer, lessivée mais satisfaite de ma journée, sur le parquet recouvert d'un plastique translucide et poussiéreux. Tout mon plan d'action se dessinait dans ma tête, alors que je ne rêvais que d'un bon bain, me forçant à utiliser ma dernière dose de courage pour rentrer et repasser sous la douche de rigueur. L'eau chaude fut cette fois-ci au rendez-vous, à ma plus grande joie, et je pus donc me prélasser quelques minutes supplémentaires, vidant mon esprit, tachant d'oublier tout ce qu'il me restait encore à faire.
Sept heures sonnaient à peine lorsque je descendis à la superette dans le but de me dégotter un repas, flânant dans la rue, aussi songeuse que fatiguée. J'avais eu le temps de faire le tour du quartier lors de ma première visite, mais, même en m'étant familiarisée quelque peu avec les lieux, je me faisais toujours l'impression d'être une étrangère au milieu des parois vives qui se gorgeaient des rayons d'un soleil déclinant.
« Jane ? »
La voix masculine se détacha au milieu du bourdonnement qui emplissait mes oreilles, m'arrachant à mes pensées désordonnées.
Un homme me dépassant d'une tête, brun, revêtant un uniforme d'ambulancier, me jaugeait d'un regard aussi étonné que rieur, souriant, à quelques pas de moi. Il s'approcha et me tendit la main en me demandant :
« Vous vous souvenez de moi ? L'incendie du Lycée, fin avril... »
Sa voix m'arriva tel un écho, lointaine, mais pas inconnue. Je laissai flotter un instant les notes, me rappelant leur sonorité, sans vraiment savoir où je les avais déjà entendues. Dans le même temps, mon regard s'attarda sur ses traits, sur l'insigne qu'il portait sur sa poitrine, et, alors que j'en venais à analyser le sens de ces mots qui me donnaient la clé de l'énigme, je m'exclamai en lui serrant la main :
« Vous êtes le secouriste dans l'ambulance ! Bien sûr que je me souviens de vous, vous retourniez sur les lieux quand vous m'avez déposée à l'hôpital... du moins, c'est ce dont je me rapelle... C'est assez flou je dois dire...
- Exact, Daniel Caisgl, mais vous m'aviez surnommé "l'homme têtu"...
- Oh que oui, pire que le maître d'école, et pourtant je suis prof ! »
Il rit un instant, puis, je jetai un ½il à ma montre, m'affolant :
« Je suis désolée, je dois y aller...
- Où ?
- M'acheter à dîner...
- Je meurs de faim.
- Et bien, nous sommes deux, bon appétit !
- Écoutez, je connais un endroit sympa, je vous invite.
- Ah oui, et où ça ?
- Suivez moi. »
Surprise, curieuse, mais toutefois sceptique, je m'exécutais, sans vraiment savoir à quoi m'attendre.
Le suspense ne fut pas de longue durée cependant, et bien vite nous nous retrouvâmes devant une petite installation, un marchand ambulant nous adressant un sourire commercial plein de sous entendus. J'observais Daniel commander les deux hot-dogs de rigueur encore un peu étonnée d'une telle initiative, qui justement, m'arracha un sourire de surprise.
« Pique nique de fin de printemps? , ne pus-je m'empêcher de demander. »
Il me répondit d'un sourire, alors que nous prenions place sur un banc du parc, à quelques à pas à peine de là.
La première bouchée fit remonter en moi un flot de souvenirs intenses, l'odeur du soufre revenant du passé se mêlant au goût salé du pain, et je ne pus empêcher les images de refaire surface, alors que je souriais et parlais comme si de rien était, en détaillant l'homme qui m'avait sauvé la vie.


[Célie]



# Posté le mercredi 06 mai 2009 11:47

Modifié le mercredi 13 mai 2009 07:19

( 3 ). RescuePlaylist associée >>> The Fray _ Look after you

( 3 ). RescuePlaylist associée >>> The Fray _ Look after you

“ La fumée s'infiltrait par tous les côtés de ma salle de cours, les explosions retentissant de plus en plus près, les grondements faisant trembler le sol. Mes élèves s'effondraient les uns après les autres, asphyxiés ou blessés trop sévèrement pour atteindre les issues. Je criais à travers mon tee-shirt plaqué sur la bouche, des instructions pour les quelques rescapés qui me suivaient mais ma voix s'éteignait dans l'épaisseur de la fumée et le chaos de la cohue. Les portes coupe-feu entravaient les couloirs, les corps s'empilaient le long des murs, les visages ensanglantés, couverts de larmes et de suie me renvoyaient des regards horrifiés, l'atmosphère transpirant la peur et l'effroi. Je courais toujours tout droit, respirant par intermittence au travers du tissu qui protégeait mon nez, la fumée piquant mes yeux qui pleuraient de l'eau noir, mes mains éclaboussées du sang de ma meilleure élève qui s'était vidée sous mes yeux, sa carotide sectionnée par un morceau de verre logé dans sa gorge. Ma jambe laissait une traînée sombre à mon passage, un éclat métallique s'enfonçait dans ma chair à chacun de mes pas, la douleur irradiait tous mes membres.
Il ne restait plus qu'un petit groupe de dix à ma suite, à dévaler les escaliers de secours vers la sortie la plus proche de la salle dont nous nous échappions, mais, le chemin à partir du deuxième étage était semé d'embûches. Le monde autour de moi s'écroulait, les pires scènes se déroulaient sous mes yeux : corps piétinés par la foule en panique, défenestrations, cris, pleurs, comportements bestiaux, coups de pieds donnés dans les cadavres asphyxiés pour atteindre la sortie... Les seuls survivants qui se précipitaient dans les escaliers étaient ceux qui avaient eu le réflexe de se protéger les voies respiratoires. Avec l'explosion de la conduite de gaz, le feu s'était propagé à une vitesse folle, la chaleur de ces derniers temps accompagnée des fenêtres ouvertes ayant aidé le foyer à s'étendre. Il ne me restait plus que mon petit groupe épars lorsque nous atteignîmes l'atrium autrefois si rassurant avec tous ses élèves plongés dans des discussions animées et son tohu-bohu incessant. Nous continuâmes à courir au milieu des casiers retournés, puis, à quelques pas à peine de la porte, une secousse abominable se fit ressentir et la balustrade du premier étage s'effondra les rescapés qui gagnaient la sortie. Nous vîmes cette scène alors que nous nous trouvions à l'opposé, un de mes élèves tomba sous le choc, inconscient. Sans réfléchir, cédant à l'instinct, je le saisis au sol, mes bras sous ses aisselles, et sous ses genoux, puis, dans une impulsion venue de nulle part, je m'élançais dehors, mon tee-shirt protégeant ses voies aérienne, ma poitrine implosant sous l'effet de l'air qui s'y engouffrait librement, sans nulle protection, le reste du groupe à ma suite.
« Lorsque l'on est en état de choc, nous sommes capable d'agir de manière extraordinaire sous l'effet de l'adrénaline. On est comme anesthésié. »
Voilà la seule et unique phrase, qui tourbillonnait dans mon esprit en cet instant : l'état de choc. Je ne pensais plus vraiment de toute manière. Jusqu'à cet instant, je n'avais jamais pris le concept de l'instinct très au sérieux. Tout était alors pour moi, qu'une question de volonté, de maîtrise de soi, et je tenais pour acquis toutes sortes d'idées préconçues, mais ce que je ressentis, ce à quoi j'assistai, me prouva ô combien j'avais tort. J'étais poussée vers la sortie, comme tirée par un fil imaginaire, je courais malgré les morts, malgré les cris, malgré ma jambe, les blessures sur mes bras, mes yeux, ma respiration haletante, le monde autour de moi ne pouvait être plus confus et pourtant je ne cessais d'avancer, dans le but de nous sauver, tous. Je connaissais tous les adolescents qui s'élançaient vers les grandes portes avec moi, ils avaient assistés à mes cours, j'avais rencontré leurs parents, ils m'avaient rendus des travaux incompréhensibles ou brillantissimes, et les images des autres, ceux qui gisaient au deuxième, défilaient devant mes yeux, brouillant ma vue au même titre que les larmes noires qui ruisselaient sur mes joues.
Les pompiers s'affairaient dehors, les lances aspergeant les locaux en proie aux flammes, des équipes d'hommes en costumes noirs et jaunes entrant par vagues dans les bâtiments, et ramenant les quelques survivants qui restaient encore prisonniers des murs gris. Je trébuchais avant d'avoir atteint le portail vert qui se dressait devant moi, tout le poids du corps de mon élève écrasant ma cage thoracique. La douleur m'étreignit toute entière, et resserra un peu plus son étaux assourdissant sur mes membres, me laissant inerte au milieu de la cour.
Je repris mes esprits dans un monde en mouvement, comme lorsque l'on film et que l'image bouge sans cesse, de haut en bas, selon les pas du cameraman novice. Alors que mes yeux tentaient de se réhabituer à la lumière, je m'aperçus que je n'étais plus au sol, mais, je... Ma chute, mes élèves courant, Étienne étendu sur moi, les flash crépitèrent dans mon esprit durant une courte seconde avant que je ne puisse reconstituer l'histoire.
« Je...
- Ne vous en faites pas madame, ne bougez pas...
- Je n'aurais pas du être au deuxième étage... mais il y avait cette activité et... les ordinateurs... Je... Enfin je crois... Je peux... marcher, où sont mes...- la tête me tourna un instant - Où sont mes élèves ?
- Ils sont déjà dehors, ne vous en faites pas.
- Bien. Je... Posez moi, vous êtes... exténué.
- Madame, la zone est instable, une autre partie du bâtiment s'est effondrée alors que nous nous occupions de votre élève, celui que vous portiez. Nous devons évacuer la zone rapidement.
- Nous irons plus vite si...
- Ne parlez pas, vous avez probablement une commotion, et, votre jambe est sévèrement blessée, vous n'êtes même pas en état de tenir debout. Vous avez épuisé vos force et aggravé vos blessures à la jambe en portant votre élève, mais vous lui avez sauvé la vie, maintenant calmez vous.
- Je... »
Mes yeux se refermèrent, et je goûtai délicieusement à l'inconscience.

Une lumière aveuglante percuta ma rétine, mes paupières soulevées par les doigts gantés du secouriste.
« Madame ? Est-ce que vous m'entendez, Madame ?
- Je, oui... »
Mes yeux se plissèrent, les visages braqués sur moi se reculèrent un peu.
- Je vous reconnaît, vous êtes l'homme têtu !
- Oui, je... Oh là ! Certainement pas, recouchez vous.
- Mais...
- On est en chemin pour l'hôpital, d'ici là, vous allez devoir vous contenter du brancard...
- Je...
- Ce n'est pas négociable.
- Je...
- Madame...
- Jane... Je... appelez moi Jane...
- Oh... Moi c'est Daniel, me répondit-il en posant sa main sur mon épaule.
- Très... - mes yeux se fermèrent un instant, chassant les étoiles qui brouillaient ma vue - contente. Juste, dommage... que vous soyez têtu... »
Mes lèvres s'écartèrent un instant, esquissant une grimace douloureuse plus qu'un sourire.
« Dommage que VOUS soyez aussi têtue vous voulez dire !
- Non non... affirmais-je en hochant la tête, déclenchant une douleur sourde au niveau de mes tempes qui me fit lâcher un grognement...
- Allez Jane, nous sommes arrivés, on va s'occuper de vous.
- Vous retournez... là-bas ? »
Il me répondit d'un signe de tête affirmatif.
« Faites attention alors...
- Je n'y manquerai pas. »
Il tourna les talons et remonta dans l'ambulance, mais avant qu'il ne ferme les portes à nouveau, je l'interpellais, la tête toujours résolument fixée au brancard :
« Eh Daniel...
- Oui ?
- Merci. »
Il m'adressa un clin d'½il puis ferma la portière.”


[Celie]

Un grand merci à Kaatherine-Heigl auteur(e) du 100° commentaire...

# Posté le mardi 05 mai 2009 13:37

Modifié le vendredi 29 mai 2009 11:35

( 4 ). New Horizons Playlist associée >>> Shattered _ O.A.R

( 4 ). New Horizons  Playlist associée >>> Shattered _ O.A.R

Le flash-back, aussi bref fut-il, m'arracha quelques instants à mon interlocuteur, et je mis une poignée de secondes à redescendre sur Terre. Lorsque enfin je fus de nouveau attentive, je m'aperçus qu'il s'était tut... Attendait-il une réponse à une question que je n'avais pas entendue, ou était-il resté silencieux tout ce temps ? Et s'il s'était bel et bien contenté du silence, pourquoi ne pas avoir tenté de meubler ? Un blanc aussi long était-il seulement envisageable ! Mais pourquoi et surtout COMMENT avais-je pu me montrer assez stupide pour me lancer dans le jeu des souvenirs avec lui juste en face de moi ? Je mordis dans le pain chaud tartiné de moutarde, tentant de gagner du temps, mais rien ne vint... J'en étais là de mes réflexion lorsque mes muscles se manifestèrent de la manière la plus désagréable qui soit : comme un seul homme, ils se tordirent de concert et l'afflux douloureux d'une crampe naissante dans ma jambe droite me fit lâcher un léger gémissement tandis que mon visage se tordait, ne faisant qu'accroître mon malaise.
« Vous allez bien ? »
Moi, prenant une respiration pour répondre :
« Oh... oui, je crois que c'est le revers de la fortune lorsque l'on fait des travaux seule : les courbatures...
- Ah oui ?
- J'ouvre une boutique en ville, et, bien évidemment, les murs ont grand besoin d'être rafraîchis, si vous voyez ce que je veux dire.
- J'imagine... Et où se trouve-t-elle exactement ?
- Juste à côté du pressing, en face de la place du manège.
- Je suis donc en face de la remplaçante de la célébrissime Mrs Childs, ça pour une surprise...
- Heu... oui, enfin je crois...
- Et vous êtes toute seule pour rénover ? Ce salon de thé était immense et, si je puis me permettre, pas tout jeune...
- Oui, seule au milieu des bidons de peinture. Mais, ça m'occupe, en attendant de trouver un associé. J'ai passé une petite annonce dans le journal local, mais je suppose qu'il va me falloir être patiente...
- Certainement, mais c'est une petite ville, je suis sûr que le bouche à oreille vous aidera. »
D'un bond je me levais, puis, comme pour répondre à sa mine aussi interrogative que stupéfaite, je m'excusais :
« Je suis désolée, mais, j'ai une longue journée qui m'attend demain et je dois me lever tôt. Merci beaucoup pour la soirée...
- Mais de rien... On aura certainement l'occasion de se revoir si vous survivez à vos travaux.
- C'est tout ce que j'espère, survivre. Bonne soirée ! »
En quelques pas je franchissais la grille du parc, deux minutes plus tard je m'effondrai sur mon canapé.

*

La fonction réveil de mon téléphone me tira d'un sommeil douloureux et recroquevillée comme je l'étais sur le divan, je tombai sur les lattes fraîchement lavées en essayant d'attraper le petit objet criard. Qu'est-ce qui m'avait pris de le programmer si tôt ? J'avais la tête prise dans un étau, et rien à manger ni même pour préparer du café. Je retombai sur le canapé, assaillie par la fatigue et la lassitude, éreintée à l'idée de devoir continuer la rénovation, ou de prendre mon petit déjeuner en ville. Je n'avais qu'une envie, me terrer, disparaître sous une montagne de couettes devant des séries débiles et me goinfrer de glace vanille noix de pécan et caramel. Mon portable se remit à sonner de manière frénétique, et seul le souvenir de son prix m'empêcha de le fracasser au sol. J'éteignis la sonnerie sans comprendre tout d'abord, puis, je me souvins de mon éclair de lucidité la veille au soir, lorsque j'avais prédit ma fatigue matinale... Mon réveil allait s'enclencher ad vitam æternam si je ne faisais rien. Vaincue par la fatalité, je me levai d'un pas hasardeux, désactivai les alarmes téléphoniques puis plongeai sous une douche brûlante avant de m'enfuir avec mes rouleaux vers d'autres horizons : un chantier en bonne et due forme.
Premier arrêt pour seul résultat un café tiédasse et un croissant pas frais, je glissai ma clé dans la serrure de la boutique close, puis, d'un petit tour je faisais céder le verrou et pénétrai dans l'atmosphère encore chargée de l'odeur de la lessive Saint-Marc.
La vue des murs propres me rendit le sourire pour quelques instants, avant que je ne me retourne vers la partie « restante », et que toute ma fatigue ne refasse surface.
Je jetai le gobelet vide dans une corbeille, puis m'avançais vers les parois, mes baskets crissant sur le plastique tendu au sol.
Je remplis rapidement un seau dans la réserve puis, deux cuillères de poudre savonneuse plus tard, je plongeai l'éponge dans le mélange chaud et recommençais à frotter.
À dix heures et demie je terminai cette lourde tâche, les bras en compote, les jambes tendues à l'extrême, mon visage ruisselant et ma queue de cheval en berne... Je me laissai tomber au sol, le dos collé à la paroi désormais propre, fermant les yeux quelques instants.
Le bruit de la porte me fit sursauter et en un éclair je fus debout, redonnant forme à ma coiffure en un tour de main, et arborant un sourire aussi avenant que possible...Quelle ne fut pas ma surprise quand je vis une petite dizaine d'hommes entrer en survêtement, tout sourires et musclés, à la suite de Daniel qui me tendit un gobelet de café chaud !
« J'ai pensé que nous ne serions pas de trop pour remettre la place à neuf... »
Il m'adressa un sourire, suivi d'un clin d'½il, puis, me laissa médusée à la tête du groupe constitué entièrement de ses collègues de travail volontaires pour aider "la pauvre et nouvelle commerçante du quartier", ayant rejoint lui aussi les rangs qui n'attendaient plus que mes directives pour se mettre au travail. Sans savoir que dire, je restai un instant immobile, comme mise sur pause et alors que je cherchais quelque chose d'aussi intelligent qu'utile à dire, je me lançais, mon idée ayant pris le pas sur mes réticences ou ma fatigue...


[Célie]

[Toutes mes excuses pour le retard, j'ai eu des problèmes avec mon logiciel de montage... J'espère que vous ne serez pas déçu(e)s de ce nouveau chapitre... Bonne lecture !]

{ 100° Commentaire >>> Publication d'un nouvel article }

# Posté le jeudi 28 mai 2009 13:43

Modifié le vendredi 29 mai 2009 11:47